Mon fils n'est jamais allé à l'école...Oui, il sait lire!



Mon fils de onze ans qui n'a jamais fréquenté l'école, qui a eu un an «d'école-maison» (ou deux si on compte la maternelle), à qui je n'ai jamais «enseigné» la lecture après cette première année, vient de m'annoncer qu'il a fini la lecture des deux albums que nous lui avons offerts à Noël. Il veut les quatre autres tomes. Je ne sais pas tout à fait comment il en est arrivé là; je ne lui ai pas appris à lire. Personne ne l’a fait! Pourtant, il lit couramment en anglais. Il écoute des films en japonais sous-titrés en français ou en anglais sans problème (son père n'y arrive pas...Il ne lit pas assez vite malgré son ses deux diplômes d'études collégiales). Quand il a besoin d'écrire quelque chose, il veut absolument que je l'aide à corriger car il ne veut pas écrire «avec des fautes». Je ne lui ai jamais dit qu'il «devait» apprendre à lire ou à écrire. Je ne lui ai jamais dit que sans leçons, il n'apprendrait jamais à lire. Il m'a vu lire par nécessité et par plaisir. Il a eu accès à des livres, des magazines, des ordinateurs, une tablette électronique, des journaux parfois. Il a vu l'utilité de la lecture dans notre vie quotidienne: lire une recette, lire les panneaux de signalisation sur la route, lire les ingrédients sur des produits à l'épicerie, lire la posologie d'un médicament, lire les règles d'un jeu, lire un questionnaire pour s'inscrire à un cours, lire les règlements à la piscine, etc. Tout ce que nous avons eu à faire, c'est vivre normalement notre vie. Offrir des jeux, livres et magazines sur des sujets qui l'intéressent; lire devant lui, lire pour lui, répondre à ses questions. Lui faire confiance. Lui dire qu'il pouvait apprendre dès qu'il en aurait envie.

Quand il a eu besoin de lire par lui-même, quand il a vu que c'était long de toujours attendre que je lise pour lui, quand il a eu envie d'avoir accès à des jeux où il devait communiquer avec d'autres joueurs en ligne et lire des instructions plus complexes, il a eu envie de lire. Bien sûr, un enfant à qui on aurait dit durant des années qu'apprendre à lire est très long et difficile, que cela demande des années d'efforts, d'exercices, de leçons, de fréquentation scolaire assidue, de spécialistes (professeurs) et de matériel spécialisé (cahiers et manuels), n'aurait probablement même pas essayé de lire par lui-même. Mais mon fils ne savait pas que ce n'était pas possible… Alors il l'a fait! :)

Pour aller plus loin... On parle de personnes qui sont scolarisées...«19 % des Québécois sont analphabètes (niveaux -1 et 1 de littératie) et 34,3 % éprouvent de grandes difficultés de lecture et se situent au niveau 2 de littératie. Ces derniers seront souvent qualifiés d’analphabètes fonctionnels. Il ne s’agit pas là de fiction, mais bien de chiffres réels. L’analphabétisme touche l’ensemble des pays, peu importe s’ils sont industrialisés ou non. Le Québec n’échappe pas à cette réalité.» https://www.fondationalphabetisation.org/analphabetisme-les-causes/fausses-croyances/ «Un résultat complètement inattendu (de l’étude) était le nombre d’enfants qui commençaient à lire  » tardivement « , aussi tard que 10 ou 11 ans. Il était encore plus étonnant de constater que le fait de lire tard n’avait, autant qu’il est possible de le vérifier, aucun effet adverse sur le développement intellectuel, l’équilibre, ou l’acquisition ultérieure d’une lecture efficace. En généra